Ainsi donc pour parler d'une mode frappant de plein fouet notre belle jeunesse, on invite maintenant des vieilles qui ne viennent probablement que pour exhiber leurs châpeaux.
Comme si celui de Genviève était encore en mesure de rivaliser de vitesse et d'originalité avec le casque olympique de Didier Cuche (y a même les ailettes, mais dessinées, pour des raisons aérodynamiques que l'on comprend...)!
L'âge aidant, tout le monde a compris qu'il faut désormais s'habiller pour paraître, sauf sur le papier rytmique du quotidien ou du calendrier, lorsqu'il s'agit de faire de la pub. Les raisons profondes de l'exhibition sont donc à chercher ailleurs que dans les défilés de mode, de miss ou les Star Ac d'une Eurovision qui se cherche en vain, sans craindre le ridicule, un dénominateur commun sur le thème du plus gros tirage. L'Homme n'a toujours pas trouvé son dieu unique, celui de la certitude statistique.
Car c'est bien joli tous ces clous et tatouages que l'on dévoile, comme des minarets, en-dessous de la ceinture, mais c'est d'un banal, d'un manque de hauteur et de grandeur en regard des ficelles de certaines Berthes au grands pieds venues tout droit de la jungle.
Le plus attristant c'est que je doute même que le psy, le comportementaliste ou le sociologue soit aujourd'hui vraiment mieux outillé pour expliquer ce qui les nourrit, y compris une Ariane Dayer qui a passé l'âge de s'exhiber autrement qu'en paroles et en publiant de petites annonces roses.
Le besoin de se particulariser a toujours existé. Et ce qu'il faut comprendre, c'est que, encombrement aidant, la panoplie des moyens a beaucoup changé, en particulier depuis le début du 20e siècle.
L'image, au sens propre et photographique du terme, a envahit nos moyens de communications, à commencer par nos médias classiques (cinéma et télévision compris) pour devenir de nos jours un authentique jeu d'enfant praticable techniquement sans intermédiaire et sans censure par tout un chacun.
Les calendriers et autres sites de cul du genre ne sont qu'un facette... du paraître self-made. Le triomphe de l'indépendance que l'on revendique au nom de la liberté. Celui qui eût payé.
Car paraître à la une d'un quotidien, du téléjournal ou sur les planches du Moulin Rouge, une fois traduit en images, peut valoir son pesant d'or dans un presse-book, celui que l'on exhibe comme la chair de sa chair, comme un CV sans lequel, aujourd'hui, on n'existe tout bonnement plus.
Il convient donc maintenant d'exister virtuellement dans une lucarne posée au mur, the second life, avant de pouvoir exhiber, en vrai, l'emballage de ses neurones et de ses gesticulations.


















